L‟Atelier Israël Palestine du GAIC a reçu le père Manuel Musallam, ancien curé de la paroisse catholique de la Sainte-Famille dans la Bande de Gaza de 1995 à 2009, en visite en France pour la sortie de son livre « Curé à Gaza » (aux Editions de l‟Aube).
Le père qui vit aujourd‟hui en Cisjordanie à Bir Zeit, nous a donné un témoignage émouvant de toutes ses années passées, depuis son ordination en 1963 à Jénine et jusqu‟à aujourd‟hui comme « abouna » (père) de tous ses paroissiens. Abouna des catholiques et des autres chrétiens comme des musulmans. Abouna de tous ceux qui sont sur le territoire des paroisses dont il avait la charge avec, au premier chef, la charge de directeur d‟école ouverte à tous. Le père Musallam nous a rapporté des anecdotes qui illustrent toutes le respect et l‟amour que les musulmans, avec lesquels il a vécu et travaillé, lui ont toujours témoignés. Chrétiens et musulmans, nous ne cohabitons pas, nous vivons ensemble. Nous sommes, avant tout, ensemble des Palestiniens. Et, nous a-t-il dit, les Palestiniens chrétiens et musulmans ne veulent pas cohabiter avec les Israéliens, ils veulent vivre avec eux. A Gaza, avant, pendant et après la guerre d‟Israël, nous a-t-il dit, jamais le Hamas n‟a persécuté un chrétien. Le père a toujours eu des bonnes relations avec les autorités à Gaza, avec celles du Fatah et celles du Hamas.
Son témoignage était particulièrement poignant quand il nous a décrit les ravages sur les enfants et les familles de la guerre de décembre 2008 et janvier 2009 à Gaza avec le stress, les morts et les blessés, les destructions, les bombardements ininterrompus, sans eau potable à boire et sans eau en suffisance pour se laver, et sans électricité. L‟électricité est d‟ailleurs toujours coupée. Quant au problème de l‟eau, il est toujours récurrent du fait que les colonies sont construites sur les nappes d‟eau douce qui alimentaient les villes et les villages palestiniens. Cette eau, qui leur appartenait autrefois, leur revient à faible niveau et moyennant paiement alors que les Gazaouis sont dans le plus grand dénuement. C‟est aussi la situation dans d‟autres villes de Cisjordanie. Aujourd‟hui, le père qui vit à Bizerte ne reçoit l‟eau qu‟une fois par semaine.
Puis nous avons questionné le père Musallam, sur ce qu‟il pense de la situation actuelle et sur ce que, de notre côté, nous pouvons faire. Le père souligne que les Palestiniens n‟ont plus confiance en aucune puissance extérieure : Etats-Unis ou autre. Il craint une guerre de religions suite aux deux mosquées récemment brûlées près de Naplouse, et aux menaces d‟attaques contre la Mosquée d‟Al Aqsa. Or, a-t-il insisté, ce n‟est pas une guerre de religions. C‟est une guerre entre deux peuples sur la même terre. Une guerre qui dériverait en guerre de religions serait terrible et nécessairement mondiale.
En avril 2009, le Père Musallam a rejoint sa ville natale de Bir Zeit, il a été chargé par l‟Autorité palestinienne de présider, à Ramallah, le Département Monde chrétien, en vue de développer des relations suivies avec les communautés et les responsables chrétiens du monde entier. Le Président Mahmoud Abbas lui a demandé également, avec l‟accord du Patriarche de Jérusalem, de rejoindre le Comité islamo-chrétien chargé, notamment, de préparer un prochain colloque sur l‟avenir de Jérusalem.
Le Père Musallam s‟est montré très intéressé par les relations avec l‟Atelier Israël Palestine du GAIC. Nous lui avons fait part de notre projet d‟organiser, pour la prochaine Semaine de Rencontres Islamo Chrétiennes, une réunion publique sur la résistance palestinienne non-violente. Notamment la résistance de « l‟Appel à la communauté internationale » élaboré par seize théologiens palestiniens, des différentes confessions, dont Mgr Michel Sabbah, et rendu public à Bethléem le 11 novembre 2009 par le Conseil OEcuméniques des Eglises, dans le document intitulé « Un moment de Vérité ».
Appel à la communauté internationale
« ...Nous vous invitons aussi à écouter l’appel des organisations civiles et religieuses mentionnées plus haut pour commencer à appliquer à l’égard d’Israël le système des sanctions économiques et du boycott. Nous le répétons encore une fois, il ne s’agit pas de se venger, mais de parvenir à une action sérieuse pour une paix juste et définitive, qui mette fin à l’occupation israélienne des Territoires palestiniens et d’autres territoires arabes occupés, et qui garantisse la sécurité et la paix à tous... »
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