Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne

 
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Sur le Web

St Philip’s Centre
Christian Muslim Forum
Le Christian Muslim Forum a pour vocation de construire et partager des relations entre chrétiens et musulmans en Angleterre et au-delà.
 
SERIC

Vous êtes chrétien ou musulman et vous avez fait l’expérience de la rencontre de l’autre différent par sa foi et ses pratiques religieuses en échangeant avec lui sur votre manière de vivre et d’exprimer votre foi dans le contexte culturel, religieux, social et politique de notre temps, ou en étant impliqué avec lui dans la vie de quartier, dans le monde du travail, dans l’action culturelle, dans l’action sociale ou politique,

Vous êtes chrétien ou musulman et vous pensez que bon nombre de chrétiens et de musulmans ont de l’autre ou de sa religion une image faussée par des siècles de déni de l’autre et de sa foi,

Vous êtes chrétien ou musulman et vous estimez qu’il est indispensable que dans notre société, des porteurs d’expressions religieuses et philosophiques différentes apprennent à se découvrir et à échanger sur ce qu’ils vivent pour construire un monde de justice et de paix.

 
Groupe des Foyers Islamo-Chrétien

Afin de mieux vivre leur différences culturelle et religieuse, des couples islamo-chrétiens ont épruvé le besoin de se retrouver. Depuis 1977, ils se réunissent afin de réfléchir à leur engagement de couple, de mettre en commun leur expérience, et approfondir leur foi.

Le groupe de foyers islamo-chrétiens souhaite partager ses préoccupations, ses découvertes, et aider les couples mixtes. Autonomes, nous avons des liens avec toutes personnes et organisation qui désirent promouvoir le dialogue, le respect entre chrétiens et musulmans.

 
La Maison Islamo-Chrétienne
Quand des cultures différentes s’accueillent, le monde change d’aspect. Musulmans et chrétiens créent "la maison de demain" où l’hospitalité n’est pas un vain mot.
 
SRI, Services des relations avec l’Islam

Ce secrétariat est un des organismes mis en place, dès 1974, par les évêques de l’Eglise Catholique de France. Il vise à maintenir des contacts réguliers avec des associations et des personnes appartenant à la religion musulmane, il conseille aussi les chrétiens (prêtres, religieux ou laïcs) que leur situation ou leur fonction amène à établir des liens plus suivis avec des croyants musulmans.

Le secrétariat organise aussi des conférences et des sessions de formation, notamment en juillet. Il publie régulièrement une Lettre que l’on peut obtenir sur demande, ainsi que des dossiers sur des sujets plus précis concernant l’Islam de France et la théologie chrétienne sur le dialogue inter-religieux.

Il dispose aussi d’une bibliothèque ouverte aux chercheurs et aux étudiants, tant chrétiens que musulmans.

 
GROUPE DE RECHERCHES ISLAMO-CHRÉTIENNE
Depuis 1997, au sein du GRIC (Groupe de recherches islamo-chrétien), des chercheurs chrétiens et musulmans se rencontrent régulièrement en différents pays pour dialoguer et approfondir des questions importantes comme le rapport aux Textes sacrés, pluralisme et laïcité, foi et justice, péché et responsabilité éthique ou les identités en devenir.
 
Réactions sur les propos du Pape Benoît XVI
jeudi 16 novembre 2006

Il faut aider le pape !

Benoît XVI voudrait-il aujourd’hui remettre en question cette orientation, si clairement affirmée par son prédécesseur ?... Personnellement, je ne partage pas ce pessimisme. Dès le lendemain de son élection, Benoît XVI déclara que « les relations entre l’Église et l’islam seraient une des grandes réalités du XXIème siècle », et il affirmait clairement sa volonté de poursuivre, dans ce domaine comme dans les autres, l’œuvre entreprise par Jean- Paul II. Dans les mois qui suivirent, il réaffirma, en diverses occasions, cette volonté de dialogue et de coopération entre l’Église et l’islam.

Ce qui est vrai, c’est qu’avant de devenir pape, Benoît XVI n’a pas eu l’occasion de connaître de près le monde arabe et la civilisation islamique. Ce qui est vrai aussi, c’est que le nouveau pape tient à l’affirmation de « l’identité catholique ». Mais une telle affirmation n’est nullement incompatible - bien au contraire- avec un profond respect envers la foi des musulmans et envers les valeurs de leur communauté. Il faut donc aider Benoît XVI à avoir une meilleure connaissance de l’islam.

Pour cela, il faut que des personnalités musulmanes le rencontrent et aient avec lui des entretiens approfondis sur les divers aspects des relations entre l’Eglise et l’islam : d’une part, la situation politique internationale, en particulier au Proche- Orient, en Terre sainte, à Jérusalem et d’autre part, la dimension théologique, c’est-à-dire l’étude des divergences doctrinales et des convergences éthiques et spirituelles qui existent entre le message du Coran et celui du Nouveau Testament.

Si les déclarations de Benoît XVI et la polémique qu’elles suscitèrent peuvent être l’occasion d’un tel dialogue, serein et constructif, alors d’un événement malheureux pourra résulter un bien. Mais il faut pour cela que, dans l’une et l’autre communauté, les croyants entendent et méditent ce sage conseil du célèbre islamologue Louis Gardet : « Pour que des relations sereines et fécondes puissent s’établir et s’approfondir entre l’Église et l’islam, il faut que les chrétiens parlent des musulmans de telle façon que ceux-ci se reconnaissent dans ce qui est dit de leur foi, et il faut que les musulmans parlent des chrétiens de telle façon que ceux-ci se reconnaissent dans ce qui est dit de la leur. »

En ce début du XXI" siècle, bien du chemin reste à parcourir pour que soit suivie partout, et par tous, cette recommandation d’un chrétien qui connaissait bien l’islam et qui fut un remarquable pionnier du dialogue islamo chrétien. Michel LELONG
Cofondateur du Groupe d’Amitié Islamo Chrétienne

Il nous faut nous tourner vers l’avenir

Je considère que l’option du dialogue reste victorieuse et la seule voie valable pour tous les êtres attachés à la Paix et à la justice. Les ennemis du dialogue ne changeront pas d’opinion, mais la caravane des pèlerins du dialogue passe. Il faut nous atteler à préparer de manière consciencieuse et pragmatique l’avenir du dialogue auquel nous croyons ; dans le cadre de l’interconnaissance, de la franchise et du respect mutuel, quelles propositions, quel avenir et quelles formes pour le dialogue islamo chrétien ?

Je pense que le pape qui a écouté les critiques ou préoccupations face à sa décision de rattacher le conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux à celui de la Culture, puis les protestations suite à ces propos sur l’islam, la raison et la violence, veut réfléchir à une relation féconde. Il s’agit là d’une excellente opportunité, d’une occasion historique pour tous les militants du dialogue spirituel. A nous de voir comment faire fructifier cette opportunité en consultation avec les plus hautes personnalités et connaisseurs pour leur demander conseil, car les croyants sincères savent que nous ne sommes pas concurrents mais alliés et amis.

Le pape a exprimé ses regrets et se tient prêt à nous écouter attentivement. Tournons la page et laissons donc les disputes aux polémistes. Nous avons besoin les uns des autres. Une grande porte s’ouvre au dialogue. Préparons-nous à y entrer de la plus digne des manières, en êtres de paix et de dialogue, en ambassadeurs des croyants de bonne volonté. La fraternité abrahamique est notre horizon.

Mustapha CHERIF
islamologue algérien

Aux amis musulmans, aux amis chrétiens

Le dialogue entre chrétiens et musulmans, ici et ailleurs, plus particulièrement là où les communautés musulmanes ou chrétiennes sont minoritaires, se développe partout, grâce à des liens d’amitié. C’est d’abord un engagement du cœur, une rencontre entre des personnes de religion différente. Quand notre amitié se trouve blessée par les actes ou les paroles de certains, nous savons que la souffrance est réciproque, car l’ami souffre de la blessure de l’autre comme si c’était la sienne. Aussi, aujourd’hui, nous savons que dans tous les groupes d’amitié musulmans-chrétiens, l’amitié qui traverse l’épreuve est une amitié qui s’approfondit. Nous ne sommes pas découragés ; au contraire nous devenons plus proches les uns des autres.

Notre dialogue fait partie de notre foi ; il en est le maître mot, car ce qui nous réunit, c’est la foi en Dieu qui parle à l’homme. La Bible pour le chrétien, le Coran pour le musulman, sont Parole de Dieu. Notre foi nous oblige au dialogue, car nous avons fait l’expérience que le dialogue, fait d’écoute et de respect, est un chemin sur lequel nous rencontrons Dieu.

Notre dialogue est exigeant : il ne se satisfait ni de formules toutes faites, ni d’une relation superficielle. C’est pour cela qu’il est passionnant. Il met au travail notre intelligence pour écouter et comprendre l’autre, pour réfléchir à sa propre foi. Dans notre monde capable de grandes prouesses et découvertes technologiques, la rencontre de l’autre est souvent manquée : le cœur et l’intelligence de l’homme, à tous les niveaux de l’échelle sociale et de responsabilité dans chaque pays, peuvent être détruits : la peur et le rejet de l’autre différent ; la recherche exclusive de ses intérêts personnels ou nationaux ; la volonté de dominer et d’avoir raison ; le désir de s’imposer coûte que coûte...Les évènements du monde, comme ceux de l’histoire, en Occident comme en Orient, nous montrent les drames et les abominations qui arrivent quand le cœur et la raison de l’homme ne sont pas convertis par l’action de Dieu. Si l’on veut mener un dialogue qui touche le cœur et l’intelligence de l’autre, ne doit-on pas montrer un peu d’humilité, surtout si l’on habite cette partie du monde où hier le « Gott mit uns » faisait de l’extermination d’un peuple sa loi, où aujourd’hui le « God bless America » espère faire la loi ?

Aujourd’hui, plus que jamais, nous redisons notre désir fort de continuer le dialogue dans nos groupes d’amitié : il est chemin de conversion, et par là, sans cesse purifié du désir d’avoir raison, il devient signe pour notre monde que personne n’est exclut du projet Créateur du Dieu Unique et Vivant en tout homme de bonne volonté.

Baudouin de BEAUVAIS
prêtre

Vers une éthique du dialogue et du partage

Les discours faits sur l’islam en Occident suscitent, depuis un certain temps, des réactions diverses dans le monde musulman. Il n’y a pas lieu ici de s’attarder sur les polémiques ni les condamnations d’autant plus qu’une réelle urgence se fait ressentir, celle de protéger, de consolider et d’augmenter les acquis du dialogue et du partage entre chrétiens et musulmans : un trésor séculaire d’efforts soutenus menés - à l’intérieur des institutions religieuses ou en dehors d’elles - par des personnes anonymes ou connues, sincères, intransigeantes, fidèles à leurs convictions spirituelles respectives. Ce trésor est modestement versé dans le patrimoine de l‘humanité considérée, par Gandhi dans sa lutte d’amour actif (satyagraha), comme une seule famille.

Les crises que nous traversons, qu’ils prennent naissance en Occident ou en Orient, nous concernent tous. Elles soulignent, dans leur dimension positive, la nécessité d’élaborer une éthique pour éviter les dérapages et permettre au dialogue et au partage de donner les fruits espérés.

Dans ce but, il conviendrait de nous interroger si nos difficultés sont issues d’un manque de rationalité, d’une déficience de notre foi ou des deux à la fois ! Certes, quand une communauté lèse une autre (minorités, conversions, mariage mixte...), il est salutaire de faire son autocritique et d’accepter celles adressées par la partie agressée. Mais cela ne saurait se confondre avec la volonté manifeste ou cachée de hiérarchiser les religions dans le but de convertir ceux jugés moins bien proches de Dieu que nous.

Faudrait-il rappeler que

  • les croyants se portent mieux lorsqu’ils bénéficient de l’apport d’une certaine pensée athée ou agnostique qui neutralise le danger du fondamentalisme et de l’intégrisme ;
  • Dieu ne consulte aucune communauté ni aucun individu, quelle que soit leur fidélité, avant de se manifester à d’autres peuples ou individus. De son absolue liberté de nous désirer dépend notre liberté de Le choisir. Par conséquent, il ne s’agit ni d’approuver ni de désapprouver les croyances d’autrui mais d’offrir à cet autrui la possibilité de se reconnaître dans le discours que nous faisons sur lui ;
  • d’une religion à l’autre et au sein d’une même communauté, il y a autant de chemins vers Dieu qu’il y a de marcheurs.

Contempler ainsi l’infini mystère de la diversité, tout en nous évitant les méfaits du huis clos, nous conduit vers le Créateur sur la voie du merveilleux.

Khaled ROUMO,
Membre du GAIC


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