Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne

 
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Lettres :
Lettre 27

Sur le Web

Service National des Relation avec les Musulmans
El Kalima
St Philip’s Centre
Christian Muslim Forum
Le Christian Muslim Forum a pour vocation de construire et partager des relations entre chrétiens et musulmans en Angleterre et au-delà.
 
SERIC

Vous êtes chrétien ou musulman et vous avez fait l’expérience de la rencontre de l’autre différent par sa foi et ses pratiques religieuses en échangeant avec lui sur votre manière de vivre et d’exprimer votre foi dans le contexte culturel, religieux, social et politique de notre temps, ou en étant impliqué avec lui dans la vie de quartier, dans le monde du travail, dans l’action culturelle, dans l’action sociale ou politique,

Vous êtes chrétien ou musulman et vous pensez que bon nombre de chrétiens et de musulmans ont de l’autre ou de sa religion une image faussée par des siècles de déni de l’autre et de sa foi,

Vous êtes chrétien ou musulman et vous estimez qu’il est indispensable que dans notre société, des porteurs d’expressions religieuses et philosophiques différentes apprennent à se découvrir et à échanger sur ce qu’ils vivent pour construire un monde de justice et de paix.

 
Groupe des Foyers Islamo-Chrétien

Afin de mieux vivre leur différences culturelle et religieuse, des couples islamo-chrétiens ont épruvé le besoin de se retrouver. Depuis 1977, ils se réunissent afin de réfléchir à leur engagement de couple, de mettre en commun leur expérience, et approfondir leur foi.

Le groupe de foyers islamo-chrétiens souhaite partager ses préoccupations, ses découvertes, et aider les couples mixtes. Autonomes, nous avons des liens avec toutes personnes et organisation qui désirent promouvoir le dialogue, le respect entre chrétiens et musulmans.

 
La Maison Islamo-Chrétienne
Quand des cultures différentes s’accueillent, le monde change d’aspect. Musulmans et chrétiens créent "la maison de demain" où l’hospitalité n’est pas un vain mot.
 
Une lettre de Docteur Bernard Sabella
Membre du Conseil Législatif Palestinien et Membre du Conseil des Eglises du Moyen Orient.
jeudi 6 mars 2008

■ Une lettre de Docteur Bernard Sabella, Membre du Conseil Législatif Palestinien et Membre du Conseil des Eglises du Moyen Orient.

Ce courrier du Dr. Bernard Sabella, daté du 16 août 2007, nous parvient au moment où l’on spécule autour des rencontres renouvelées entre le Président palestinien Mahmoud Abbas et son vis-à-vis israélien, Ehoud Olmert. Le Dr. Sabella est un homme dont nous apprécions la justesse des commentaires, qui traduisent toujours la vérité de ce qui se vit sur le terrain.

Le résumé du reportage que voici traduit les effets douloureux du « Mur de Séparation », construit par les israéliens pour « contenir » les populations palestiniennes qui bordent son parcours. Le Dr. Sabella fait appel à une métaphore, celle du deuil et le lendemain du deuil, pour exprimer les pertes physiques et territoriales, mais aussi psychiques et culturelles que subit la population des villes et des villages qu’il vient de visiter - les villes de Jayyus, de Qalqiliya et d’Azzun avec leurs environs. Leurs populations, il le constate sur place, sont coupées d’une bonne partie de leurs terres agricoles (avec leurs puits), celles de leurs ancêtres et de leurs lieux de mémoire, qui se trouvent de l’autre côté du mur. Non seulement ils sont privés de leurs moyens de vivre mais leur commerce s’étiole faute de pouvoir accéder à des marchés où ils écoulaient autrefois leurs produits.

L’enfermement qu’ils subissent s’apparente au traumatisme subi lorsqu’on perd un être cher ; ils se retrouvent amputés de tout ce qui faisait leur fierté personnelle et communautaire. Ils étouffent dans un étau qui se referme sur eux. Ils sont privés d’avenir.

Les témoignages que nous livre le Dr. Sabella - surtout ceux d’anciens - font mal au cœur dans leur lucidité. A Jayyus, il contemple le Mur (à cet endroit une clôture) depuis le toit du Conseil Municipal, et apprend que les permis de passage aux checkpoints israéliens sont sélectifs : ils empêchent effectivement les fermiers jeunes et capables d’avoir accès à leurs champs. Un vieillard lui dit, les larmes aux yeux : « tout est fini pour nous. Les israéliens ont enlevé nos terres ou nous empêchent de les entretenir. » Ce constat est étayé par un « accompagnateur » faisant partie d’un groupe d’observation du COE (Conseil Œcuménique des Eglises), qui accompagne les agriculteurs le matin, une heure en avance, aux grilles d’ouverture des checkpoints militaires. Ces observations sont publiées pour être accessibles à tous, contribuant par là à soulager le sentiment d’étouffement des citoyens de la ville.

A Qalqilya, autrefois un centre commercial important, le constat est encore plus pénible. La ville se trouve encerclée totalement par le Mur, avec une seule entrée contrôlée par les israéliens, au bout d’un goulot d’étranglement. Les voitures à plaque jaune des Arabes israéliens ne passent pas, le commerce est au point mort et cette ville de 35.000 habitants étouffe lentement. Le long du Mur, qui ne suit pas exactement la Ligne Verte mais englobe des terres (palestiniennes) renommées pour leur fertilité, des colonies sauvages d’israéliens s’installent déjà. Un vieil habitant de la ville exprime la frustration générale en disant : « Les terres qu’ils n’ont pas encore prises sont dans le collimateur pour de futures colonies. »

Quant aux villageois alentour, ils sont carrément désignés pour une délocalisation, afin d’installer sur ces terres bien arrosées des colonies (illégales) déjà programmées. Une seule conclusion s’impose au Dr. Sabella après cette tournée, pendant laquelle il a si bien ressenti l’angoisse des populations : que l’idée courante, qu’il suffira de diminuer le nombre de checkpoints en Cisjordanie pour desserrer l’étau et promouvoir la paix, ne servira à rien à la longue, tant que subsiste la volonté israélienne de s’accaparer des terres palestiniennes par tous les moyens.

Pour sa part, il ne croit guère à une conversion véritable, seule condition pour une paix réelle. Le lendemain de deuil que chacun espère, ne se profile pas vraiment à l’horizon.

Post Scriptum :
Résumé et traduction de Paulette Martin

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